Bonjour, pouvez-vous retracer votre parcours de judoka ?

Je m’appelle Chaimae Laghnaoui, je suis une ancienne membre de l’équipe nationale du Maroc du judo. J'ai enfilé mon premier Judogi à l’âge de 8 ans au club Al Qods de Salé. C’est mon père, pratiquant de taekwondo, qui m’a amené aux arts martiaux. Au début, j’ai essayé les deux sports mais rapidement c’est le judo qui m’a le plus attiré et qui est devenu ma grande passion.

Comment avez-vous pu progresser ? 

J’ai commencé avec un entraînement deux fois par semaine et je ressentais beaucoup de plaisir sur le tapis. Mon entraîneur à l'époque a remarqué mes progrès et il m'a proposé de participer à des compétitions. Les premières compétitions n’ont pas été victorieuses, mais cela m’a motivé pour persévérer. Vers l’âge de 10 ans j’ai commencé à m’entraîner tous les jours. Grâce à ce programme d'entraînement, mon niveau a beaucoup progressé, j’ai commencé à remporter les compétitions et j’ai fait mon premier stage avec l’équipe nationale en 2010, après avoir été championne du Maroc dans ma catégorie d’âge.

Quel est votre palmarès ?

J’ai été championne du Maroc en cadets, médaillée en juniors, et de nouveau championne du Maroc en seniors en -70kg. Et au niveau international médaille d’argent au championnat arabe en 2016, et vainqueur de l’African Open d’Abidjan en 2017.

Pourquoi avoir choisi ce sport de combat masculin ?

Le judo, c’est un sport pour tout le monde, lorsque j'étais petite, on était uniquement deux filles à s'entraîner au club, on parvenait à faire tomber les garçons, et par la suite nous avons toutes les deux été en équipe nationale. Pour moi, le judo est avant tout  une école de vie, il nous apprend le dépassement de soi, la maîtrise de nos émotions et le respect de notre adversaire.

Quelles sont les qualités qui vous ont permis d'accéder au haut niveau et quelles sont celles qui vous ont manqué pour aller encore plus haut ? 

Ma qualité c’est que j’étais bagarreuse, j’aimais le combat, la compétition. Ma limite c’était la technique, surtout après ma première opération en 2015, je n’avais plus assez confiance pour lancer mes attaques.


Qu'est- ce qui a changé depuis que vous avez arrêté les compétitions ? 

L'arrêt de ma carrière de sportive de haut niveau a entraîné beaucoup de changements dans ma vie et cela a nécessité un temps d'adaptation. À présent, je m'entraîne à mon rythme et je prends le temps de faire ce qui me plaît. J’ai arrêté les compétitions, mais pas le judo, je reste une sportive et je continue de m'entraîner tous les jours.

Que faites-vous actuellement ?

Je suis professeur de judo au sein du club Flam Maroc à Marrakech, nous accueillons des adultes et des enfants dès l'âge de 4 ans. Spécialisé en baby judo ou éveil judo, le club utilise la pédagogie française, nous faisons appel aux jeux pour stimuler l’apprentissage et initier les enfants aux principes fondamentaux du judo tout en prenant en considération la spécificité de chacun. Le métier de professeur de judo demande beaucoup d’énergie et d'investissement personnel alors que quand on est athlète, on ne pense qu’à ses performances personnelles.


Quels sont vos projets, vos plans de carrière pour l’avenir ? 

Je souhaite faire des formations en coaching sportif pour enfants, j’aime beaucoup travailler avec les plus jeunes, cela me permettra de partager mon savoir-faire et ma passion pour le judo.

Quels sont les conseils que vous pourriez donner aux parents qui hésitent à inscrire leurs filles au judo ? 

Le judo est un sport accessible à tous, il permet aux enfants de se développer physiquement, d'apprendre la persévérance, de respecter les règles et de gérer le stress. Le judo est adapté aussi bien pour les filles que pour les garçons. Donc je conseille aux parents d’inscrire leurs enfants au judo dès leur plus jeune âge !

Merci beaucoup Chaimae, nous vous souhaitons un très bon courage !!